Organiser une journée découverte autour du phare de Goury et de ses environs, joyau de la Hague
Le phare de Goury : un repère emblématique du cap de la Hague La silhouette élancée du phare de Goury, dressée à l’extrême pointe du Cotentin...
Bouger à pied, ici, ce n’est pas renoncer à l’ailleurs mais choisir d’embrasser l’ordinaire. Branville-Hague, village calme perché au-dessus de la vallée du Moulins, offre l’un de ces points de départ idéaux pour expérimenter une mobilité sans voiture. Plusieurs raisons à cela :
Le départ se fait devant l’église Saint-Martin, point central et repère majeur de Branville-Hague. On laisse derrière soi la place, souvent paisible dans les lumières du matin, puis on prend la petite route qui file vers l’ouest, en direction du hameau du Mesnil.
Dès les premières centaines de mètres, la route laisse place à un chemin creux, bordé d’ormeaux et de lierres qui tressent une voûte de verdure. Par temps humide, la terre est grasse, mais le sol reste praticable ; les traces anciennes de passages charretiers rappellent les pulsations d’un territoire agricole. Chaque saison a son charme ici : en avril, la profusion des primevères et des violettes, en juillet l’explosion des digitales et des ronces, à l’automne le parfum des pommes oubliées sous les pommiers centenaires.
En descendant vers Le Mesnil, l’habitat se disperse, quelques maisons basses affichent leur toit d’ardoise et leurs jardins clos, anciens refuges contre les vents. Le cœur du hameau bat encore devant les murets de pierre, souvent couverts de mousse. Les premiers habitants s’affairent dans leurs potagers ou devant l’abri à bois, parfois un vieux chat, paresseux, suit du regard les promeneurs. Dans le Vivier, plus loin, une petite fontaine et son lavoir racontent une histoire commune, celle de l’eau partagée. Hamel-Mouchel, étape intermédiaire, surprend par ses sentes étroites et ses vues ouvertes sur la vallée. Par beau temps, la mer se devine, un bleu pâle à l’horizon, sur lequel les nuages filent en longues draperies.
La boucle remonte par le Bois Melot, bosquet intime où, à la tombée du jour, on entend souvent le cri discret de la hulotte ou le piétinement furtif d’un chevreuil. Certains disent que la clairière centrale, aujourd’hui tranquille, a été le théâtre d’anciennes fêtes locales – à vérifier auprès des anciens, si vous osez leur demander ! Le sol y est souple, parfumé par l’humus et les fougères, et les enfants du village aiment s’y cacher lors des fins d’été.
L’approche du village se fait par la ruelle de la Fontaine, qui offre l'une des dernières vues panoramiques sur la campagne. On rejoint alors le cœur de Branville-Hague, passant devant l’ancienne école et la petite chapelle. Parfois, un marché ponctuel ou un étal de produits fermiers s’installe devant la mairie, rappelant que ce bout de monde n’est jamais tout à fait endormi.
| Distance totale | Dénivelé | Durée moyenne | Points d’intérêt principaux | Recommandations |
|---|---|---|---|---|
| 7,5 km | +130m / -130m | 2h à 2h30 (marche douce) | Église Saint-Martin, fontaine du Vivier, Bois Melot, panorama sur la vallée | Baskets confortables, eau, attention par temps humide sur les chemins creux |
La boucle ne présente pas de difficulté technique majeure : elle convient particulièrement aux familles ou aux marcheurs occasionnels. Certains passages dans les creux peuvent être glissants en hiver ou au début du printemps. Les animaux en laisse sont acceptés. On conseille de partir tôt, pour profiter de la lumière rasant les haies, quand tout semble bruisser d’un souffle neuf.
La boucle ne manque pas d’anecdotes à écouter ou recueillir. En cheminant, on croise parfois la silhouette de M. Lemaréchal, figure locale, qui promène sa biquette au rythme lent du hameau, occasion de raconter quelques histoires de pomiculteurs ou de parler du patois normand. Autre repère, la pierre gravée à la sortie du Bois Melot ; certains disent qu’elle marque un ancien chemin de pèlerinage, faisant de ce détour un lieu de passages secrets et de récits à voix basse.
Tous ces détails, souvent insignifiants pour qui passerait en voiture, prennent leur sens lorsque le rythme ralentit et que les regards s’étirent. Les enfants du village aiment encore faire la chasse aux « pierres à histoires », ces galets singuliers qui, frottés ensemble, laissent deviner les voix du passé.
Cet itinéraire tranquille fait aimer la marche sans artifice, la sensation du monde qui revient à l’essentiel : le contact de la terre, l’envol d’un rouge-gorge, l’éclat d’un mur en vieilles pierres sous la lumière du soir. Au fil des saisons, la boucle se redessine – inlassablement, elle invite à ralentir, à questionner, à transmettre un regard. Revenir ensuite au cœur du bourg, c’est refermer la parenthèse enchantée mais sentir, au fond du pas, la certitude d’avoir côtoyé un peu du secret du Cotentin.
Pour prolonger la balade, d’autres itinéraires doux jalonnent les abords du bourg, à assembler selon l’envie, et toujours sans voiture, dans la simplicité retrouvée du chemin partagé.
Sources : Association Nature & Cotentin, Cartographie IGN, Collectif Conte et Récits de la Hague, Informations locales mairie de Branville-Hague.