Itinéraire détaillé : les grands temps forts
Du Nez de Jobourg à la baie d’Ecalgrain
Dès le départ, la vue se jette dans le grand bleu. Du belvédère du Nez de Jobourg, falaises hautes de 128 mètres (les plus élevées d’Europe après l’Irlande selon l’IGN), le regard accroche l’immensité des courants du Raz Blanchard, redoutés des marins – ils atteignent jusqu’à 12 noeuds lors des grandes marées (France 3 Normandie).
Le sentier part à l’ouest, rejoint la baie d’Ecalgrain après une descente à travers la lande, couverte selon la saison de bruyère, d’ajoncs et de lichens. Dans la baie, les galets polis racontent à leur façon le choc régulier du ressac. En arrière-plan, le manoir d’Ecalgrain croit aux tempêtes depuis le XVIIe siècle.
Cap sur Goury, phare ultime
On longe ensuite la mer, le sentier oscillant entre surplombs et abris de grès. Ici, les goélands argentés nagent dans le vent, les moutons paissent en liberté. L’arrivée sur Goury, petit port minuscule du bout du monde, a quelque chose d’une récompense.
C’est ici qu’est érigé le phare de Goury (1837), sentinelle automatisée à 800 mètres du rivage, gardienne du passage vers Aurigny. C’est de ce port qu’œuvrent encore les canotiers de la SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer) : entre 2020 et 2023, le canot de Goury a été déclenché 38 fois pour des opérations de sauvetage dans le raz (SNSM).
Vers Auderville et le retour à l’intérieur des terres
Après Goury, on suit la côte pour rejoindre le hameau d’Auderville, village de granit battu par les vents, jadis ravitaillé par la mer ou par la charrette. Si vous poussez jusqu’à la vieille église, vous noterez un détail rare : le petit enclos à usage de cimetière qui déborde sur la lande.
Le chemin de retour serpente entre haies bocagères et chemins bucoliques, traversant de petits hameaux comme Layelez, Herquemoulin, et le manoir de Vauville visible dans les lointains. L’ombre des fermes, les croix de granit, et le silence gardent encore dans ces terres l’écho d’une vie rurale ancienne.